Berfin Su Kazaklı : Des vies incarnées

Bonjour, merci d’avoir organisé ce colloque et de m’avoir permis de participer à cette table ronde. Aujourd’hui, j’aimerais commencer par poser une question. Est-ce que la barre tourne ? C’est la question que l’on me pose le plus souvent lorsque je dis que je suis danseuse de pole dance.

Cette question révèle que l’aspect matériel et corporel de la pole dance est largement méconnu de la plupart des gens, car quiconque a déjà vu une barre et l’a touchée connaîtrait la réponse. Toutes les personnes que j’ai rencontrées avaient quelque chose à dire sur la barre, mais seule une infime partie d’entre elles savait de quoi il s’agissait physiquement, sans parler de la manière dont on la vit. Aujourd’hui, j’aimerais donc poser la question suivante : qu’implique le fait de devenir danseuse de pole dance ? Alors que la littérature sur la pole dance se concentre sur ce que signifie être danseuse de pole dance et sur la question de savoir si cette pratique est oppressante ou émancipatrice pour les femmes, cette question du « devenir » reste largement inexplorée.

Pour répondre à cette question, je m’appuie sur les recherches que j’ai menées dans le cadre de mon mémoire de master en 2025. Je m’appuie sur des données autoethnographiques ainsi que sur un travail de terrain que j’ai mené avec d’autres danseuses de pole dance. Aujourd’hui, je vais répondre à cette question du « devenir » en deux parties.

Tout d’abord, je me concentrerai sur la transformation du corps et le cadre affectif à travers lequel les danseuses de pole dance évoluent. Pour illustrer mon propos, j’évoquerai les sensations corporelles de douleur et de force physique. Ensuite, je présenterai le paysage discursif entourant la pole dance et les positions contradictoires que les danseuses de pole dance peuvent adopter concernant la féminité, ainsi que la manière dont elles se situent au sein de ce paysage discursif plus large.

Commençons donc par la première partie. Dès mon tout premier contact avec la barre, j’ai réalisé à quel point c’était douloureux. On se fait des brûlures par frottement sur la peau, on a des callosités aux mains et on se retrouve couvert de bleus.

On peut tomber, et on tombe effectivement, ou pire encore, on peut se blesser. Pour les danseuses de pole dance, la douleur fait partie intégrante de leur pratique. À cet égard, devenir danseuse de pole dance consiste en grande partie à gérer cette douleur, tant sur le plan physique qu’avec efficacité.

Un exemple que j’aimerais citer ici concerne les bleus que la plupart des gens se font fréquemment. Les danseuses de pole callent ces bleus des « baisers de la barre ». Et ces « baisers de la barre » servent de marqueurs du travail acharné, de l’effort fourni et, par conséquent, du parcours pour devenir danseuse de pole.

En qualifiant ces ecchymoses de « baisers de la barre », la douleur devient une source de plaisir pour ces danseuses. Comme le montre cet exemple, la signification de la douleur n’est pas figée, mais négociée. Cela illustre la théorie du « devenir » de Rosy Brydott.

Le corps de la danseuse de pole n’est pas une entité figée, mais soumis à un processus de transformation continue. La douleur elle-même s’inscrit dans ce « devenir » en tant que médiateur grâce auquel le corps de la danseuse acquiert de nouvelles capacités, de nouvelles orientations et de nouvelles formes de désir. Un sentiment que j’entends souvent au studio est qu’il n’y a rien de plus gratifiant que de réaliser tout le chemin parcouru.

Les figures qui semblent impossibles au début peuvent devenir plus faciles avec le temps. Mais à mesure que l’on maîtrise ces figures, de nouveaux objectifs apparaissent. En ce sens, le progrès revêt un caractère cyclique plutôt que linéaire.

Chaque étape franchie ouvre la voie à de nouvelles exigences, ce qui fait écho à l’exercice de discipline sans fin décrit par Foucault, où le corps est perpétuellement inachevé et soumis à l’amélioration. Et plutôt que de provenir d’une source extérieure, cet exercice de discipline est produit par les danseuses de pole elles-mêmes. De nombreuses danseuses de pole avec lesquelles je m’entretiens apprécient la transformation physique que subit leur corps en devenant plus fort.

Les danseuses envisagent les bienfaits physiques de la pole dance non seulement à travers la manière dont elle transforme leur corps, mais aussi à travers leur capacité à bien se produire à la barre. Si les danseuses de pole dance ont besoin de force pour rester accrochées à la barre, elles gagnent également en force simplement en étant à la barre. Se mettre en forme et devenir performante à la barre fonctionnent toutes deux comme des technologies du soi qui transforment l’individu en danseuse de pole dance.

Pour certaines de mes participantes, se transformer de cette manière était essentiel pour atteindre les idéaux esthétiques auxquels elles aspiraient. Pour donner l’impression de danser sans effort sur la barre, beaucoup d’entre elles ont exprimé le besoin d’être fortes. Par conséquent, l’esthétique féminine de la pole dance n’est possible que grâce à des programmes d’entraînement intenses généralement considérés comme masculins, tels que le développement musculaire et la formation de callosités.

De plus, l’apparence féminine de la danseuse de pole dance est marquée par des ecchymoses, révélant la douleur et l’effort que cette pratique exige. Jusqu’à présent, j’ai abordé les aspects physiques de la pole dance qui transforment le corps. Cependant, il existe un autre aspect de la pole dance qui est crucial pour devenir danseuse de pole dance.

Il s’agit de ses liens directs avec le travail du sexe. Cet aspect façonne largement le paysage discursif dans lequel évoluent quotidiennement les danseuses de pole dance. Et bien que la pole dance trouve son origine dans le travail du sexe, elle est aujourd’hui une pratique plus grand public et récréative, avec différents styles, fédérations et compétitions.

Au début des années 2000, la pole dance a dépassé les portes closes et les lumières tamisées des boîtes de nuit, grâce aux travailleuses du sexe elles-mêmes qui ont ouvert les premiers studios. Rapidement, de plus en plus de studios de pole dance ont vu le jour à l’échelle mondiale et, dans les années 2010, le premier studio de pole dance en Turquie a ouvert ses portes. En Turquie, les liens entre la pole dance et le travail du sexe ne sont pas aussi directs, car dans ce pays, il n’est pas courant de voir cette discipline pratiquée dans les boîtes de nuit.

D’un autre côté, la pole dance exige une discipline physique rigoureuse, comme je l’ai expliqué jusqu’à présent, et les pole dancers suivent un programme d’entraînement intensif au point de pouvoir supporter leur poids suspendues à un mince lambeau de peau, un exploit difficile qui a même donné lieu à des initiatives visant à en faire un sport olympique. Cependant, la travailleuse du sexe, avec ses talons hauts et ses vêtements révélateurs, reste une figure marquante, à juste titre. Certaines chercheuses, comme Ariel Nevy, situent la pole dance au sein de ce qu’elle appelle la « culture ronde », un changement culturel plus large vers la normalisation des images sexualisées.

Elle interprète la pole dance comme une forme d’auto-objectivation. D’autres chercheurs, tels que Whitehead et Kearse, s’intéressent aux expériences vécues par les danseuses de pole dance. Ils montrent que ces dernières décrivent souvent leur pratique comme une source d’émancipation.

Ma recherche ne cherche pas à trancher ce débat qui dure depuis des décennies. Elle vise plutôt à montrer comment cette tension se traduit par différentes positions adoptées par les danseuses de pole dance concernant leur propre féminité et leur érotisme dans le cadre de ce débat. Mais je tiens à préciser ici que les danseuses de pole dance que j’ai mentionnées ne sont pas elles-mêmes des travailleuses du sexe, mais des danseuses de pole dance amateurs qui pratiquent cette activité comme un loisir.

Une approche courante consiste à « assainir » l’image de la pole dance en affirmant qu’il s’agit d’une activité de remise en forme. En rejetant l’esthétique propre au travail du sexe, par exemple les tenues révélatrices et les talons hauts, elles tentent de faire de la pole dance une activité respectable de la classe moyenne blanche. Une autre approche consiste à mettre en avant son aspect artistique en rejetant les mouvements de danse associés à l’érotisme, tels que les « body rolls » et le « twerking ».

Il existe également un groupe de danseuses de pole dance qui adoptent ces mouvements, tout en essayant de se distancier des travailleuses du sexe en affirmant qu’elles ne gagnent pas d’argent en s’objectivant. Ces attitudes envers le travail du sexe sont critiquées par d’autres groupes de danseuses de pole dance, qui défendent les droits des travailleuses du sexe. Aux États-Unis, ce militantisme peut prendre la forme de cours dispensés par des travailleuses du sexe elles-mêmes, comme le montrent Whitehead et Kearse, mais en Turquie, il revêt un caractère plus symbolique, car une telle solidarité interclassiste directe n’est pas possible en raison de l’absence de clubs de pole established dans ce pays.

Les danseuses de pole dance récréatives qui s’identifient comme féministes intersectionnelles mettent l’accent sur la solidarité et sur l’amplification des voix marginalisées des travailleuses du sexe, qui sont souvent également victimes de discrimination raciale, plutôt que de se poser en sauveuses. En conséquence, cette solidarité intersectionnelle s’apparente davantage à une lutte contre la stigmatisation de l’image du travail du sexe qu’à une lutte contre l’existence et les droits des travailleuses du sexe. Cette tension entre sport et érotisme prend une tournure différente lorsque l’on considère le paysage moral de la Turquie d’aujourd’hui.

Pour bon nombre des danseuses de pole féministes que j’ai mentionnées, se muscler ne signifie pas rejeter la féminité. Au contraire, c’est une réappropriation de la féminité qui défie la catégorisation patriarcale de ce que signifie être forte ou sexy. Et toutes les participantes à qui j’ai parlé expriment le désir de prendre le contrôle de leur propre corps.

En conclusion, devenir danseuse de pole dance en Turquie n’est pas un état figé, mais un processus continu qui s’incarne et se négocie socialement. À travers la douleur, la force et la discipline, les danseuses remodèlent sans cesse leur corps. Parallèlement, ce devenir se déroule au sein d’un champ de significations contesté où la pole dance se situe à la croisée du sport et de l’érotisme.

Les danseuses gèrent cette tension de différentes manières, tantôt en prenant leurs distances par rapport à ses liens avec le travail du sexe, tantôt en prônant la solidarité féministe avec les travailleuses du sexe. Ensemble, ces dynamiques montrent que la pole dance est un espace où la féminité est activement négociée. La force et la sensualité, à cet égard, sont contingentes, ce qui permet aux danseuses de redéfinir ce que signifie être féminine.

En fin de compte, devenir danseuse de pole dance est une pratique continue de négociation du corps, de ses limites et de ses capacités, ainsi que des significations qui y sont attachées. Merci beaucoup de m’avoir écoutée.

Berfin Su Kazaklı – Vite incarnate

Salve, grazie per aver organizzato questo convegno e per avermi permesso di partecipare a questa tavola rotonda. Oggi vorrei iniziare ponendo una domanda. Il palo gira? Questa è la domanda che mi viene posta più spesso quando dico di essere una ballerina di pole dance.

Questa domanda rivela che l’aspetto materiale e corporeo della pole dance è in gran parte sconosciuto alla maggior parte delle persone, poiché chiunque abbia mai visto un palo e lo abbia toccato ne conoscerebbe la risposta. Tutte le persone che ho incontrato avevano qualcosa da dire sul palo, ma solo una minima parte sapeva cosa fosse fisicamente, per non parlare di come lo si vive. Quindi oggi vorrei chiedere: cosa comporta diventare una ballerina di pole dance? Mentre la letteratura sulla pole dance si concentra su cosa significhi essere una ballerina di pole dance e se ciò sia oppressivo o emancipante per le donne, questa questione del “diventare” rimane per lo più inesplorata.

Per rispondere a questa domanda, faccio riferimento alla ricerca che ho condotto per la mia tesi di master nel 2025. Mi baso su dati autoetnografici e sul lavoro sul campo che ho svolto insieme ad altre ballerine di pole dance. Oggi risponderò a questa domanda sul “diventare” in due parti.

In primo luogo, mi concentrerò sulla trasformazione del corpo e sul quadro affettivo attraverso il quale le ballerine di pole dance si sono mosse. Per illustrare questo aspetto, parlerò delle sensazioni corporee di dolore e della forza fisica. In secondo luogo, esporrò il panorama discorsivo che circonda la pole dance e le posizioni contrastanti sulla femminilità che le ballerine di pole dance possono assumere, nonché il modo in cui queste si collocano all’interno di questo più ampio panorama discorsivo.

Cominciamo quindi parlando della prima parte. Fin dal mio primissimo contatto con il palo, mi sono resa conto di quanto fosse doloroso. La pelle subisce ustioni da attrito, si formano calli sulle mani e si hanno lividi ovunque.

Si può cadere e si cade davvero, o peggio, ci si può fare male. Per le ballerine di pole dance, il dolore diventa parte integrante della loro pratica. In questo senso, diventare una ballerina di pole dance significa in gran parte gestire questo dolore sia fisicamente che in modo efficace.

Un esempio che vorrei citare qui sono i lividi che la maggior parte delle persone si procura frequentemente. Le ballerine di pole dance chiamano questi lividi “baci del palo”. E questi “baci del palo” fungono da segni distintivi del duro lavoro, dello sforzo e, di conseguenza, del percorso per diventare una ballerina di pole dance.

Definendo quei lividi come «baci del palo», il dolore diventa una fonte di piacere per queste ballerine. Come si può vedere da questo esempio, il significato del dolore non è fisso, ma piuttosto negoziato. Ciò esemplifica la teoria del «diventare» di Rosy Brydott.

Il corpo della ballerina di pole dance non è un’entità fissa, ma è soggetto a un processo di continua trasformazione. Il dolore stesso diventa parte di questo “diventare” come mediatore attraverso il quale il corpo della ballerina acquisisce nuove capacità, orientamenti e forme di desiderio. Un sentimento comune che sento spesso in palestra è che nulla batte la sensazione di rendersi conto di quanto lontano si sia arrivati.

Le figure che all’inizio sembrano impossibili possono diventare più facili col tempo. Ma man mano che le persone riescono a eseguire queste figure, emergono nuovi obiettivi. In questo senso, il progresso assume una natura ciclica piuttosto che lineare.

Ogni traguardo sblocca nuove sfide e questo rispecchia l’esercizio infinito della disciplina descritto da Foucault, in cui il corpo è perennemente incompiuto e soggetto a miglioramento. E piuttosto che provenire da una fonte esterna, questo esercizio di disciplina è prodotto dagli stessi ballerini di pole dance. Molti dei ballerini con cui parlo apprezzano la trasformazione fisica che il loro corpo subisce diventando più forte.

Le ballerine considerano i benefici fisici della pole dance non solo in termini di come questa trasformi i loro corpi, ma anche in base alla loro capacità di esibirsi al meglio sul palo. Sebbene le ballerine di pole dance abbiano bisogno di forza per rimanere sul palo, diventano più forti anche semplicemente stando sul palo. Sia il miglioramento della forma fisica che il perfezionamento delle abilità sul palo funzionano come tecnologie del sé che trasformano l’individuo in una ballerina di pole dance.

Per alcune delle mie partecipanti, trasformare se stesse in questo modo è stato fondamentale per raggiungere gli ideali estetici che desideravano. Per apparire disinvolte sul palo, molte di loro hanno espresso la necessità di essere forti. Di conseguenza, l’estetica femminile della pole dance è possibile solo attraverso regimi di allenamento intensi che sono solitamente considerati maschili, come lo sviluppo della muscolatura e la formazione di calli.

Inoltre, l’aspetto femminile della ballerina di pole dance è caratterizzato da lividi, che rivelano il dolore e lo sforzo che questa pratica comporta. Finora ho parlato degli aspetti fisici della pole dance che trasformano il corpo. Tuttavia, c’è un altro aspetto della pole dance che è cruciale per diventare una ballerina di pole dance.

Si tratta del suo legame diretto con il lavoro sessuale. Questo aspetto plasma in larga misura il panorama discorsivo in cui le ballerine di pole dance si muovono quotidianamente. La pole dance ha origine nel lavoro sessuale, ma oggi è una pratica più diffusa e ricreativa, con diversi stili, federazioni e competizioni.

All’inizio degli anni 2000, la pole dance è uscita dalle porte chiuse e dalle luci soffuse dei locali notturni, grazie alle stesse lavoratrici del sesso che hanno aperto le prime scuole. Ben presto sono sorte sempre più scuole di pole dance in tutto il mondo e, negli anni 2010, è stata inaugurata la prima scuola di pole dance in Turchia. In Turchia, il legame della pole dance con il lavoro sessuale non è così diretto, poiché in quel Paese non è una pratica comune nei locali notturni.

D’altra parte, la pole dance richiede una rigorosa disciplina fisica, come ho spiegato finora, e le ballerine di pole dance seguono un regime di allenamento intensivo al punto da riuscire a sostenere il proprio peso con un sottile lembo di pelle, un’impresa difficile che ha persino portato a iniziative volte a renderla uno sport olimpico. Tuttavia, la lavoratrice del sesso con i suoi tacchi alti e gli abiti succinti è una figura di spicco, a ragione. Alcuni studiosi, come Ariel Nevy, collocano la pole dance all’interno di quella che lei definisce la “cultura del round”, un più ampio cambiamento culturale verso la normalizzazione delle immagini sessualizzate.

Lei interpreta la pole dance come una forma di auto-oggettivazione. Altri studiosi, come Whitehead e Kearse, si concentrano sulle esperienze vissute dalle ballerine di pole dance. Essi dimostrano che le ballerine spesso descrivono la loro pratica come fonte di empowerment.

La mia ricerca non cerca di risolvere questo dibattito che dura da decenni. Mira invece a mostrare come questa tensione dia origine a posizioni diverse che le ballerine di pole dance assumono riguardo alla propria femminilità e al proprio erotismo nell’ambito di questo dibattito. Devo però precisare che le ballerine di pole dance a cui ho fatto riferimento non sono esse stesse lavoratrici del sesso, ma praticanti amatoriali che intraprendono questa attività come hobby.

Un approccio comune è quello di “ripulire” l’immagine della pole dance sostenendo che si tratti di un’attività di fitness. Rifiutando l’estetica tipica del lavoro sessuale – ad esempio, gli abiti succinti e i tacchi alti – cercano di trasformare la pole dance in un’attività rispettabile della classe media bianca. Un altro approccio consiste nell’evidenziarne il valore artistico, rifiutando i movimenti di danza associati all’erotismo, come i body roll e il twerking.

Esiste anche un gruppo di ballerine di pole dance che abbraccia queste mosse, ma cerca comunque di prendere le distanze dalle lavoratrici del sesso sostenendo di non guadagnare denaro oggettificandosi. Questi atteggiamenti nei confronti del lavoro sessuale sono criticati da altri gruppi di ballerine di pole dance, che difendono i diritti delle lavoratrici del sesso. Negli Stati Uniti, questa difesa dei diritti può tradursi nel seguire lezioni tenute dalle stesse lavoratrici del sesso, come mostrano Whitehead e Kearse, ma in Turchia ha un carattere più simbolico, poiché una solidarietà diretta tra classi diverse non è possibile a causa della mancanza di club di pole dance consolidati nel Paese.

Le ballerine di pole dance amatoriali che si identificano come femministe intersezionali si concentrano sulla solidarietà e sull’amplificazione delle voci emarginate delle lavoratrici del sesso, che spesso sono anche vittime di discriminazione razziale, invece di porsi come loro salvatrici. Di conseguenza, questa solidarietà intersezionale assomiglia più a una lotta contro la stigmatizzazione dell’immagine del lavoro sessuale piuttosto che a una lotta contro l’esistenza e i diritti delle lavoratrici del sesso. Questa tensione tra sport ed erotismo assume una piega diversa se consideriamo il panorama morale della Turchia odierna.

Per molte delle ballerine di pole dance femministe che ho citato, diventare muscolose non significa un rifiuto della femminilità. Al contrario, è una rivendicazione della femminilità che sfida la categorizzazione patriarcale di ciò che significa essere forti o sexy. E tutte le partecipanti con cui ho parlato esprimono il desiderio di assumere il controllo dei propri corpi.

In conclusione, diventare una ballerina di pole dance in Turchia non è uno stato fisso, ma un percorso in continua evoluzione che si concretizza nel corpo e viene negoziato socialmente. Attraverso il dolore, la forza e la disciplina, le ballerine rimodellano continuamente i propri corpi. Allo stesso tempo, questo processo si svolge all’interno di un campo di significati conteso, in cui la pole dance si colloca a metà strada tra sport ed erotismo.

Le ballerine gestiscono questa tensione in modi diversi, a volte prendendo le distanze dai suoi legami con il lavoro sessuale e a volte sostenendo la solidarietà femminista con le lavoratrici del sesso. Nel loro insieme, queste dinamiche dimostrano che la pole dance è un ambito in cui la femminilità viene attivamente negoziata. La forza e la sensualità, in questo senso, sono contingenti, consentendo alle ballerine di ridefinire cosa significhi essere femminili.

In definitiva, diventare una ballerina di pole dance è una pratica continua di negoziazione del corpo, dei suoi limiti e delle sue capacità, nonché dei significati ad esso attribuiti. Grazie mille per l’ascolto.